Au pied du lit

« Le ciel est haut, la terre est basse; il n’y a que la table et le lit qui soient à la bonne hauteur » (proverbe français).

Lit vient du latin lectus, étymon issu d’une racine indoeuropéenne legh- signifiant « coucher » ou « être couché. » Il s’écrit liet dans le dialecte normand, lei en bourguignon, leit en provençal, lét en wallon. Sa forme actuelle en français est attestée au 11e siècle.

Le mot désigne le meuble composé principalement d’un cadre rigide de métal ou de bois supportant des parties souples (sommier, matelas) et garni de draps, de couvertures ou d’autres pièces protégeant du froid, sur lequel on s’étend, principalement pour dormir ou se reposer : tête du lit, lit moelleux, lit (bien) chaud, odeur du lit, au creux du lit. Exprimant un trait caractéristique, une fonction ou une destination : lit pliant, lit-divan, lit mécanique, destiné à un malade et muni d’un dispositif permettant de régler l’inclinaison du sommier, de changer la literie sans avoir à déplacer le malade, lit-armoire, lit-bateau, lit à baldaquin, lit de plumes, synonyme de couette, lit à miroirs, destiné aux ébats amoureux, lits jumeaux, lits gigognes, ensemble de deux lits dont l’un, une fois replié, se glisse sous l’autre. Lit de camp, lit d’hôpital, lit de repos, sorte de chaise longue pour se détendre pendant la journée, lit de douleur, lit de mort, au moment de l’agonie, lit funéraire, dans son cercueil.

Le mot est sujet à la formation de diverses locutions littérales : au lit, se coucher, sortir (sauter, bondir) du lit, se lever, faire le lit, installer sur le matelas les draps et les couvertures. Ou figurées : comme on fait son lit, on se couche, on subit nécessairement les conséquences de ses actes; préparer le lit de, créer soi-même, par son action, les conditions de la réalisation d’une chose qui n’est pas souhaitable; faire son lit de, se complaire, se vautrer.

Par association, il décrit l’activité qui consiste à se coucher pour accomplir l’acte sexuel : se mettre au lit; faire lit commun, avoir des relations sexuelles dans le cadre de l’union conjugale; faire lit à part, ne plus en avoir; être né d’un premier, d’un second lit, être né d’un premier, d’un second mariage. Rester au lit, garder le lit ou ne pas quitter son lit peut vouloir dire rester couché d’épuisement après une folle nuit d’amour, être malade ou déprimé. Coucher dans son lit signifie préférer dormir chez soi.

« T’as des beaux cils, ma Lucille
Et tes yeux brillent dans la nuit
J’peux-tu aller, ma Lucille
Après l’amour, dans mon lit. »

Par analogie, le mot décrit la couche qui recouvre une surface : lit de poussière, lit de roses. « Le poisson était couché pour la nuit sur des lits de glace. » (Émile Zola, Le ventre de Paris, 1873). Et le creux naturel, chenal d’écoulement d’un cours d’eau : lit des rivières.

Litière revêt divers sens à compter du 12e siècle : « lit ambulant », « brancard pour le transport des blessés », « fourrage pour les animaux » et « gravier absorbant où les chats d’appartement font leurs besoins. » Parmi les autres dérivés et composés figurent litée, ensemble des enfants nés d’une même grossesse, literie, liter, litage, aliter, alitement, déliter, délitement, délitage, délitescence, chauffe-lit, couvre-lit et wagon-lit.

 

Devoir

Pageot en argot, pieu, plumard et pucier en français populaire, constituent des synonymes de lit. Trouvez-en quatre autres d’après leur définition.

  • Appellation poétique de lit : cou _ _ _ .
  • Lit des pauvres gens : gra _ _ _ .
  • Pièce de brins végétaux entrelacés servant de couchette : na _ _ _ .
  • Matelas rudimentaire en toile rempli de paille : pai _ _ _ _ _ _ .

Réponse

  • Appellation poétique de lit : couche.
  • Lit des pauvres gens : grabat.
  • Pièce de brins végétaux entrelacés servant de couchette : natte.
  • Matelas rudimentaire en toile rempli de paille : paillasse.